1. Historique

Pourquoi un orphelinat à Stella?

Parce que, malheureusement, il y a un manque criant d'orphelinats dans la région de Nyanza. Le nombre d'orphelins y est très élevé et la pauvreté ne permet pas toujours à leurs proches, oncles et tantes ou grands-parents, de les prendre en charge. Néanmoins, la plupart des familles accueillent déjà des orphelins. Etant une charge pour ces familles, les enfants doivent souvent travailler dur en contrepartie des soins reçus.

Quand on demande aux gens "Combien d'enfants avez-vous?" ils répondent souvent: "5 enfants à moi, 4 de mon frère, et je m'occupe aussi de mes parents".

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

HIV/SIDA dans la province de Nyanza

Stella, un petit village de quelques centaines d’habitants, est situé au Sud-Ouest de la province de Nyanza, à quelques kilomètres de la frontière tanzanienne, entre le Lac Victoria et le réserve du Masai Mara. Nyanza est la province kényane la plus affectée par la pauvreté et les épidémies.

Une des principales raisons de ce nombre grandissant d'orphelins dans la région est le taux très élevé de mortalité lié au virus du SIDA. Certaines coutumes traditionnelles, comme la transmission de la veuve (souvent infectée) au frère du défunt, sont nées de la nécessité d'assurer l'aide financière et sociale à la veuve et à ses enfants. Dans le contexte actuel, cela favorise la transmission du HIV à toute une génération d’une même famille. Restent alors les grands-parents avec de 10 à 20 petits-enfants. Comment pourraient-ils leur assurer subsistance et éducation, alors qu'ils sont eux-même devenus trop âgés pour travailler aux champs?

Voici quelques données statistiques concernant la province de Nyanza (tirées du rapport 2006 sur le développement humain – PNUD):

· 44 ans: l’espérance de vie la plus faible du Kenya.
· 13 % : taux de prévalence du HIV/SIDA le plus haut au Kenya,jusqu'à 30% de la population active.
· 63 % : taux de personnes vivant sous le seuil de la pauvreté, à nouveau le plus haut au Kenya.

Le plus urgent est un orphelinat

 

Une expérience personnelle peut illustrer, pour conclure, le besoin pressant de nouveaux orphelinats.

Lors d’un exercice participatif d'évaluation des besoins ruraux, on demandait aux femmes quel type de support serait nécessaire dans leur village. Nous pensions à des O.N.G., des établissements de micro finance, au développement agricole, etc... Mais non, les femmes ont répondu que le plus urgent serait un orphelinat.

 

La naissance de l'orphelinat “Happy Home”

Il y a environ 15 ans à Stella, la famille Sagwa Mdeizi mettait sur pied le « Medicare Maternity & Nursing Home Hospital », une clinique médicale vouée à offrir des soins aux villageois des environs. S'il a connu des périodes prospères, le nombre de patients y était devenu trop faible que pour y maintenir un service médical et le personnel nécessaire.

Ayant déjà eux-mêmes accueilli et pris en charge plusieurs orphelins à leur domicile, la famille Sagwa Mdeizi envisageait de transformer la clinique en orphelinat ou autre projet à caractère humanitaire. C’est avec l’arrivée d’Isabelle Vandeplas dans la communauté en 2006 que le projet a réellement pris forme. En très peu de temps, Happy Home vit le jour.

Isabelle vous raconte ici comment le projet est né :

«C’est en mars 2006 que j’ai rencontré Alfred, Rose et toute leur famille dans le cadre de mon travail de recherche agronome. C'est après la première rencontre avec les fermiers qu'Alfred m’invita à m’installer chez lui et à faire partie de sa grande famille.

Avant le Kenya, je travaillais au Bénin pour le programme alimentaire mondial des Nations-Unies(PAM), au sein d'un projet de support alimentaire pour orphelinats. C'est lors de nos missions de suivi des orphelinats que je fus touchée par le dévouement des familles locales, qui élèvent de nombreux orphelins sur leur seul salaire.

C'est en voyant ce que réussissaient à accomplir ces familles modestes que je me suis donné comme objectif d'un jour, moi aussi, aider des orphelins. Ce n'est que six mois plus tard au Kenya que mon souhait se réalisa.

C'est grace à Rose, la femme d'Alfred chez qui je logeais et qui partageait le même souhait que moi, que l'idée de Happy Home vit le jour. Peu de temps après Alfred et Tom, un ami de la famille, se sont joint à nous pour mettre ce projet sur pied.»


                 Isabelle - Rose - Tom - Edouard - Alfred